
Ce matin, quelle bonne surprise, on découvre que le JT est déjà en ligne. Y a pas à dire, on est devenu accro. Et, outre le fait que je sois un peu lourd pour être un ange…
, je me suis bien marré.
Mais les filles, elles aussi très interessées, nous ont encore une fois ressorti leur “Mais, qu’est-ce qu’elle dit, là ? On comprend rien”… On leur repète donc le truc et elles sourient… Sauf que je finis par me dire que c’est étrange qu’entre francophones, on ait besoin d’une traduction… Et du coup, j’en viens à me demander d’où ça peut venir… Bien sûr, sur le net, on trouve toute sorte de théories plus ou moins fumeuses comme celle-ci ou celle-là… Faut reconnaitre que tout ça, c’est bien joli pour expliquer le sens des mots ou la façon de les prononcer. Mais ça ne me dit pas pourquoi on doit encore faire un effort, voire un décryptage pour se comprendre… S’il ne s’agissait que de mots, ça passerait après tout: on saisirait bien le sens général, comme on le fait par écrit sur les blogues…
Entre parenthèses, on découvre même des tournures de phrases plus poétiques, plus imagées ou carrément bizarres et c’est une vraie richesse… Moi, par exemple, j’affectionne particulièrement le mot pantoute, je le trouve chouette, tellement que je l’utilise n’importe comment, juste pour le plaisir de le sortir… C’est comme le fait de sacrer: ici, ça ne fait réagir personne, mais si ç’adresse un tabernouche d’esti en cibouère c’est peut-être vachement grossier…
Mais là, on s’égare, une fois de plus ! Rassurez-vous, j’en reviens à mon idée… Je constate qu’à l’écoute, on saisit rapidement certaines tournures, certaines intonations, par contre, pour d’autres, c’est tout un groupe de mots qui s’envole, qui se perd. Et ça, ça me fait penser que -de même- on ne comprend que très peu les américains… J’ai aucune prétention en anglais, ça, c’est sûr ! Mais j’ai toujours eu l’impression de mieux capter celui d’outre-manche que celui d’outre-atlantique. Il me semble plus détaché, plus… ch’ais pas, différent, quoi. C’est peut-être donc bien un problème d’accent, finalement… Mais non, c’est pas ça que je voulais arriver à dire, zut !
Bref, ce que je crois, c’est que les québecois n’ont pas de complexe vis-à-vis de l’anglais. Bien au contraire. Vu d’ici, leur fierté d’être francophone semble leur donner une telle aisance qu’ils prononcent les mots anglais comme ils doivent l’être. Et je crois que c’est ça, au bout du compte, qu’on ne comprend pas.
Nous, faut qu’on re-prononce tout à la française, comme, par exemple, Nouillorque et non pas Niou Yoeurk. Et c’est tellement vrai que si on veut faire un petit effort en anglais, on va vite se faire reprendre par les autres ! On devient alors un “waneguaine” (”one again”?) et on se fait rappeler gentiment que c’est pas la peine de se la péter… On conçoit que l’on fasse du mieux que l’on puisse avec de vrais anglophones mais surement pas avec des français. Et c’est vrai à l’école, au lycée, à la fac, au boulot et dans la rue… Sacrés nous, pauvres français !
Ainsi, au travail, on utilise régulièrement des docs techniques japonaises, allemandes ou… françaises rédigées en anglais (!). Et, honnêtement, pour se faire comprendre des collègues, sur un schéma, quand on recherche un pièce, il vaut mieux dire “rubeur” que “rweubbeuwr” pour un rubber (en fait, un caoutchouc, ok, je sais…).
Enfin, voilà, c’était la minute linguistique du professeur Jenfi… Allez, c’est fini, vous pouvez retourner à vos activités. En fait, on s’en fout un peu de tout ça, non? Le principal, c’est qu’on se marre bien en lisant les billets des uns et des autres et en voyant les délires 3D d’Alex et de Fée-ailée…